Près de quinze ans après avoir fait ses études en Californie, la pétillante boulonnaise s’est lancée dans l’entreprenariat. Avec Speakid, elle veut apprendre l’anglais aux enfants tout en douceur.

Voilà plus de deux ans et demi qu’Aude Lanier a ouvert Speakid, des ateliers en anglais pour les 1-10 ans. « L’éveil des enfants dans un bain immersive » précise l’entrepreneuse de 38 ans. Autrement dit, on ne trouve pas de professeurs qui assomment de mots de vocabulaire ou de règles de grammaire, mais des animateurs créatifs qui proposent des activités très variées et tout cela évidemment in english.« Ce n’est pas l’apprentissage de la langue qui est eu cœur de notre méthode, mais  bien l’enfant, et l’accès à une culture ».

Et la spécialité de Speakid, ce sont les tout-petits «  Je suis persuadée que les enfants doivent être rapidement baignés dans milieu multiculturel ». Si la première année a été compliquée aujourd’hui le succès est au rendez-vous. De quatre vingt-dix enfants la première année, Speakid en accueille aujourd’hui près de trois cents trente répartis entre Boulogne et le nouveau centre ouvert à Issy-les-Moulineaux. Une belle aventure qui avait commencé à germer dans l’esprit d’Aude il y a de cela quelques années.

La Californie ou la plus belle année de sa vie

Tombée sous le charme des langues depuis toute petite, cette franco-française avait choisi de suivre ses études de commerce à l’Institut Commercial de Nancy, en sachant qu’ils étaient en partenariat avec des universités américaines. C’est ainsi qu’elle se retrouve à 22 ans à Los Angeles. « Ce qui m’a marqué en sortant de l’aéroport, c’est que chaque sortie d’autoroute, c’était le nom d’une série «  Melrose Place », « Bel Air », «  Walnut Grove »… ». Elle a atterri dans une toute petite université où elle est, un des deux seule française. Une vraie immersion.  « J’avais un très fort sentiment de liberté ».  Elle rentre après un an avec zéro dollars en poche…. et avec un travail à la clé « j’avais passé un entretien quand j’étais encore en Californie. C’était un CDD dans une boîte où j’avais fait un stage» explique-t-elle.  A partir de là, elle ne travaillera que pour des entreprises anglophones.

Elle a donné du sens à ce qu’elle faisait

Douze années passent. Naissance de sa première fille en 2012, puis de la seconde en 2014. « A cette époque, je voyageais pour le travail trois jours par semaine… j’en avais un peu marre. Cela n’allait plus avec ma vie de famille ». Quand elle voit un de ses anciens collègue se lancer dans l’entreprenariat, l’idée commence elle aussi à la titiller. « Cela a réveillé ce sentiment de liberté, et surtout je voyais que cela donnait du sens dans ce qu’il faisait ». Elle finit par quitter son travail en mars 2015, et se rend aux Etats-Unis pour rencontrer Sarah, une jeune femme de 20 ans, qui se rend dans les écoles pour proposer des ateliers musicaux et sensoriels afin de sensibiliser les enfants à la culture espagnole. « C’était exactement ce que je voulais faire avec l’anglais, ce fut une révélation » assure Aude Lanier, qui a depuis développé sa propre méthode.